La Direction générale des impôts (DGI) rappelle ce mercredi que le 31 janvier 2026 est…
Retenue à la source, TVA, recettes… Younes Idrissi Kaitouni (DGI) détaille l’impact transformateur de la réforme fiscale
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Younes Idrissi Kaitouni, directeur général de la Direction générale des impôts (DGI) a été reçu ce mercredi au siège de la CGEM où il a présenté les retombées bénéfiques de la réforme fiscale entreprise depuis 2021.
C’est un Younes Idrissi Kaitouni calme et serein qui a défendu ce mercredi devant les patrons d’entreprises la réforme fiscale opérée depuis quelques années et les mesures phares adoptées dans ce cadre, notamment la retenue à la source. Le patron de la Direction générale des impôts (DGI) a livré une présentation détaillées des résultats de la réforme et ses retombées sur les équilibres macro-économiques ainsi que la performance des entreprises.
Les recettes fiscales gérées par la DGI ont atteint 291 milliards de dirhams en 2025, soit une progression de 74% par rapport à 2021, tandis que leur poids dans le PIB est passé de 20,3 % à 24,6 %, précisé le responsable. «L’IS qui passe de 47,7 milliards en 2021 à 100,3 milliards traduit à la fois la vitalité de l’activité économique et l’instauration progressive d’un cadre fiscal plus lisible, plus sécurisé et plus favorable à l’investissement productif», a‑t‑il ajouté. La TVA, elle, a atteint 71 milliards de dirhams (+58 %) et l’IR 70 milliards de dirhams (+47 %).
Au‑delà des chiffres, Younes Idrissi Kaitouni a insisté sur l’usage fait de ces recettes qui ont permis à l’Etat de «non seulement consolider les équilibres macroéconomiques, mais également dégager les marges nécessaires à la mise en œuvre des grandes politiques publiques».
Quant aux recettes supplémentaires, elles ont permis d’accroître le budget de l’État de 90 milliards de dirhams en cinq ans, de financer les revalorisations salariales issues du dialogue social (40 milliards), de renforcer les ressources des collectivités (+10 milliards) et d’appuyer la trésorerie des entreprises (+11 milliards), a-t-il souligné. Les remboursements fiscaux ont également bondi à 25 milliards de drihams en 2025 contre 13,7 milliards en 2021, injectant des liquidités significatives dans l’économie.
Réforme fiscale: l’équité comme socle
Pour le patron des impôts, cette progression s’est opérée en dehors de tout alourdissement de la pression fiscale, relevant d’une réforme fiscale méthodique et équilibrée, fondée sur l’élargissement de l’assiette, le rétablissement de l’équité et la lutte déterminée contre la fraude. Il a soutenu, à cet effet, que «la fiscalité n’est pas un simple instrument de prélèvement, mais un levier stratégique de transformation, au service de la souveraineté économique, de la cohésion sociale et du développement durable».

Le DG de la DGI a par ailleurs détaillé les mesures phares de la réforme, à commencer par la refonte du barème de l’IS avec deux taux graduels de 20% et 35%, permettant une meilleure lisibilité et un alignement sur les bonnes pratiques internationales. La baisse de la retenue à la source sur les revenus d’actions de 15% à 10%, la rationalisation des régimes dérogatoires et l’amélioration du régime des plus‑values avec un abattement de 70% prolongé jusqu’en 2030 figurent également dans ce chantier.
«L’instauration de la retenue à la source s’est révélée un levier déterminant dans la transformation des comportements déclaratifs», a‑t‑il noté, rappelant que la contribution des personnes physiques relevant du RNR a progressé de 80 % entre 2023 et 2025.
TVA et IR: des réformes ciblées
Younes Idrissi Kaitouni est aussi revenu sur la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et la modernisation de l’administration fiscale. Parlant de la TVA, il a souligné que la réforme poursuit une triple finalité économique, sociale et d’équité fiscale. Cela s’est traduit par l’alignement progressif des taux, l’exonération de certains produits de base, l’amélioration des remboursements et l’adaptation aux services numériques.
Dans la foulée, le responsable a apporté quelques précisions sur l’impôt sur les revenus (IR). A l’en croire, le réaménagement du barème progressif a renforcé l’équité et soutenu le pouvoir d’achat. L’allègement ciblé de la fiscalité salariale et des retraites a ainsi contribué à contenir le coût du travail et à stimuler la demande intérieure, tandis que le régime de la contribution professionnelle unique et celui de l’entrepreneur ont été améliorés pour favoriser l’intégration progressive du secteur informel.
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Quant à la transformation de l’administration, Younes Idrissi Kaitouni a disséqué la stratégie 2024‑2028, qui repose sur la digitalisation, la gestion proactive des risques, la création d’un registre national intégré du contribuable, l’amélioration de l’expérience usager et le développement du capital humain. «La qualité d’un système fiscal ne s’appréhende pas uniquement à travers la pertinence de ses lois, mais se mesure à l’efficacité de son administration», a‑t‑il affirmé.
Le DG des impôts a conclu en soutenant que la réforme fiscale en cours n’a d’autre but que de doter le Royaume d’une fiscalité moderne équitable, lisible et orientée vers l’avenir, afin d’installer la confiance et de renforcer la crédibilité financière du Maroc à l’international.
