Secteur cimentier : une stratégie nationale pour réduire de 23 % les émissions d’ici 2030

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Association Professionnelle des Cimentiers, Said Elhadi,
Le président de l’Association Professionnelle des Cimentiers, Said Elhadi DR

Présentée à Bouknadel, la feuille de route de décarbonation du secteur cimentier المغربي fixe des objectifs ambitieux à l’horizon 2030 et 2050, misant sur l’innovation, les énergies renouvelables et la valorisation du CO₂.

La feuille de route de décarbonation du secteur cimentier marocain a été présentée mercredi à Bouknadel, en présence de Ryad Mezzour et Leila Benali, lors d’une conférence organisée par l’Association Professionnelle des Cimentiers.

Fruit d’une démarche de co-construction impliquant plusieurs institutions nationales et internationales, dont la Banque européenne pour la reconstruction et le développement et le Global Cement and Concrete Association, cette stratégie s’inscrit dans une dynamique globale de transition énergétique.

Un impératif stratégique

Pour Ryad Mezzour, la décarbonation dépasse désormais le cadre environnemental : « En créant un carburant 100% marocain de très haute qualité à partir du CO₂ produit par les cimenteries, nous pourrons réduire notre dépendance aux hydrocarbures et consolider notre souveraineté énergétique ».

Le ministre a insisté sur la nécessité d’anticiper les mutations énergétiques mondiales afin de renforcer la résilience du tissu industriel national.

Sept piliers pour transformer le secteur

La feuille de route repose sur plusieurs axes structurants :

  • amélioration de l’efficacité énergétique
  • recours accru aux énergies renouvelables
  • réduction de la part du clinker
  • développement de combustibles alternatifs
  • innovation technologique

L’objectif est clair : réduire de 23 % les émissions de CO₂ d’ici 2030 par rapport à 2022, en cohérence avec la stratégie bas carbone du Royaume.

Miser sur la valorisation du CO₂

Face aux émissions dites incompressibles — représentant près de 10 % des émissions nationales —, Ryad Mezzour a appelé à dépasser les solutions classiques comme l’enfouissement du carbone.

Il a plaidé pour la captation et la valorisation du CO₂ afin de produire des carburants de synthèse destinés notamment aux transports publics.

Un secteur déjà engagé

Le président de l’Association Professionnelle des Cimentiers, Said Elhadi, a rappelé que l’industrie cimentière marocaine est pionnière en matière de durabilité.

Selon lui :

-l’empreinte carbone est de 576 kg par tonne, soit 15 % en dessous de la moyenne mondiale

-le mix énergétique repose à 80 % sur de l’électricité verte

Lire aussi: Transition énergétique: le Maroc, pilier stratégique de la décarbonation du commerce international

Cependant, il souligne que l’atteinte de la neutralité carbone nécessitera des technologies de rupture et une coordination étroite avec l’État.

Formation et accompagnement

De son côté, Nouzha Alaoui, représentant la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement, a mis en avant un programme de formation sur trois ans visant plus de 500 professionnels du secteur.

Lire aussi: BTP : les ventes de ciment chutent de 15,8% à fin février 2026

L’objectif est de passer d’une logique de sensibilisation à une approche opérationnelle, avec des outils adaptés comme le « Bilan Carbone » contextualisé au niveau national.

Une ambition alignée sur les engagements nationaux

Alignée sur la Contribution Déterminée au niveau National (CDN 3.0), cette feuille de route vise à concilier croissance industrielle et transition écologique.

Elle prépare également le terrain pour le déploiement futur de technologies avancées, notamment le captage et stockage du carbone (CCUS).

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