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MeM by CGEM. Des biotechnologies à l’innovation, Abderrahim Lachgar au service du Royaume
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Entrepreneur dans les biotechnologies thérapeutiques, mentor de jeunes pousses de la santé et cofondateur d’une entreprise développant des traitements innovants contre le cancer, Abderrahim Lachgar fait partie de cette diaspora marocaine qui évolue au cœur des grands écosystèmes européens de l’innovation. Depuis Paris, où il poursuit ses activités, il suit avec intérêt les avancées du Royaume, convaincu que le Maroc possède les talents nécessaires pour devenir une place forte des technologies de demain.
Lors du 10e VivaTech tenu le mois dernier, Abderrahim Lachgar n’est pas uniquement aller présenter ses propres projets. Fidèle à son engagement en faveur de l’innovation, il y a accompagné aussi de jeunes entrepreneurs qu’il conseille dans le cadre de programmes de mentorat menés avec la Chambre de commerce de Paris et plusieurs incubateurs français. Son objectif: aider des scientifiques et de jeunes diplômés à structurer leurs entreprises, convaincre des investisseurs et accélérer leur développement.
Parmi les startups qu’il a accompagnées figure Papilio, spécialisée dans le dépistage du papillomavirus, responsable de nombreux cancers du col de l’utérus. « Mon rôle est de les aider à mieux organiser leur entreprise, lever des fonds et réussir », résume-t-il.
Mais le mentor est aussi entrepreneur. Cofondateur et administrateur d’Apmonia Therapeutics, Abderrahim Lachgar développe, avec ses associés, une plateforme de découverte de médicaments reposant sur le big data et l’intelligence artificielle (IA). Cette technologie est aujourd’hui mise au service de nouveaux traitements contre le cancer, dont un candidat-médicament ciblant le cancer de l’ovaire, déjà en cours d’évaluation clinique chez des patients.
Au-delà de ses activités professionnelles, ce Marocain du monde conserve un lien étroit avec son pays d’origine. Il suit attentivement l’évolution de son écosystème technologique et observe avec satisfaction les progrès réalisés ces dernières années. «Le Maroc est dans une belle dynamique, saluée à l’international», affirme-t-il, saluant aussi bien l’émergence de jeunes entreprises innovantes que l’implication d’investisseurs spécialisés ou encore le rôle croissant d’universités comme l’UM6P et l’UIR dans la recherche appliquée.
Créer les conditions de l’innovation
Pour Abderrahim Lachgar, le défi du Royaume ne réside plus dans le manque de compétences. Les talents marocains s’illustrent aujourd’hui dans les laboratoires, les entreprises technologiques et les institutions financières des deux côtés de la Méditerranée. «Il n’existe pas une seule institution financière ou de recherche sans cadres d’origine marocaine», observe-t-il, évoquant la présence de Marocains à des postes stratégiques dans le capital-investissement, la recherche ou encore l’innovation.
À ses yeux, la prochaine étape consiste désormais à adapter l’environnement national à cette montée en compétence. Le développement des biotechnologies, des sciences de la santé ou encore des start-up innovantes exige, selon lui, un cadre réglementaire plus agile, notamment dans les domaines des médicaments, de la propriété intellectuelle et du capital-risque. «Il est essentiel que la réglementation accompagne cette dynamique», insiste-t-il.
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L’entrepreneur plaide également pour la mise en place d’instruments publics capables d’amplifier les investissements privés, à l’image de la Banque publique d’investissement (BPI) en France. Pour lui, ces mécanismes sont devenus indispensables afin de financer les phases les plus risquées du développement des jeunes entreprises technologiques.
Son plaidoyer s’adresse également aux pouvoirs publics dans leur volonté de renforcer les liens avec les Marocains du monde. Répondant à l’appel du roi Mohammed VI en faveur d’investissements plus productifs des MRE, Abderrahim Lachgar estime que le Royaume dispose d’un formidable réservoir de compétences qu’il convient de mieux mobiliser. Cela passe, selon lui, par un guichet unique simplifiant les démarches administratives, un cadre juridique protecteur pour les brevets ainsi que des dispositifs facilitant le transfert de technologies et de savoir-faire.
Faire de la diaspora un levier de souveraineté
Pour ce spécialiste des biotechnologies, attirer les compétences de la diaspora ne relève pas uniquement de l’attachement au pays d’origine. C’est aussi un enjeu économique et stratégique. Il cite volontiers les exemples de l’Inde ou de la Chine, qui ont construit des politiques publiques associant financement, fiscalité, sécurité juridique et qualité de vie afin de favoriser le retour de leurs talents.
Cette réflexion rejoint celle qu’Abderrahim Lachgar porte sur l’avenir des startups marocaines. Si le ralentissement des levées de fonds observé ces derniers mois s’inscrit dans un contexte international marqué par un recul du capital-risque, il estime que le Maroc doit impérativement se doter de ses propres instruments de financement afin d’éviter que ses jeunes entreprises ne disparaissent avant d’atteindre leur maturité. «Il est crucial de mettre en place des instruments financiers nationaux alimentant les fonds d’amorçage et de capital-risque. C’est une question de souveraineté», insiste-t-il.
Chez Abderrahim Lachgar, l’engagement dépasse ainsi largement le cadre de l’entrepreneuriat. Au fil de son parcours, une conviction s’est imposée: les talents marocains existent déjà. Le véritable défi consiste désormais à leur offrir, au Maroc, un environnement capable de transformer leur potentiel en innovation, en entreprises et en création de valeur.
