Charte de l’investissement: 67 % des objectifs financiers atteints, 33 % pour l’emploi

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Charte de l'investissement
Le ministre délégué auprès du Chef du Gouvernement, chargé de l’Investissement, de la Convergence et de l’Évaluation des politiques publiques, Karim Zidane à la Chambre des représentants, le 2 décembre 2024 © DR

À un peu plus d’un an de l’échéance fixée par le discours royal, la Charte de l’investissement affiche un taux de réalisation de 67 % sur les flux financiers et de 33 % sur les objectifs d’emploi. Ainsi, si la dynamique d’attractivité se confirme, le volet social reste en retrait, malgré le déploiement progressif des dispositifs prévus par la loi 03-22.

Lancée en 2022 dans l’objectif de redéfinir les paradigmes de l’investissement au Maroc, la nouvelle Charte de l’investissement entre dans sa troisième année de mise en œuvre. Alors que l’échéance fixée par le discours royal du 14 octobre 2022 se rapproche, l’heure d’un premier bilan s’impose.

Le dispositif, tel qu’annoncé par le Roi Mohammed VI devant le Parlement, vise à mobiliser 550 milliards de dirhams d’investissements et à générer 500.000 emplois sur la période 2022–2026. L’ambition affichée était claire: donner une « impulsion tangible à l’attractivité du Maroc pour les investissements privés, tant nationaux qu’étrangers ».

Pour atteindre ces objectifs, plusieurs réformes ont été engagées dans le cadre de la Charte de l’investissement. Parmi elles, la refonte des Centres régionaux d’investissement (CRI), la mise en œuvre de la déconcentration administrative, la mobilisation des Marocains résidant à l’étranger vers l’investissement productif, ainsi que la création d’une Commission nationale de l’investissement (CNI), chargée d’examiner la conformité et la qualification des projets.

Si le chantier des CRI est désormais finalisé et que les autres dispositifs de la Charte de l’investissement sont en cours de déploiement, la question centrale reste celle de l’impact réel sur les flux d’investissement et la création d’emplois.

Charte de l’investissement: 369 milliards de dirhams déjà engagés

Selon les données du ministère délégué chargé de l’Investissement, de la Convergence et de l’Évaluation des Politiques Publiques (MICEPP), huit commissions d’investissement se sont tenues à ce jour, sous la présidence du chef du gouvernement.

Elles ont validé 237 projets pour un volume d’investissement prévisionnel de 369 milliards de dirhams, avec des projections de plus de 166.000 emplois à créer. En termes de réalisation, cela représente 67 % de l’objectif fixé pour les investissements, et 33 % pour l’emploi.

Sur une base annuelle, les investissements enregistrent une progression moyenne de plus de 33 %, tandis que le rythme de création d’emplois reste en retrait, autour de 17 %. À un peu plus d’un an de l’échéance d’octobre 2026, le cap des 550 milliards de dirhams semble atteignable, mais celui des 500.000 emplois pourrait s’avérer plus difficile à concrétiser.

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Ce décalage entre les flux financiers et les retombées sociales interroge sur la nature des projets validés et leur capacité à générer de l’emploi pérenne.

Il convient toutefois de nuancer ce constat. La loi 03-22, qui encadre la Charte, prévoit quatre dispositifs d’appui, dont deux sont déjà opérationnels : le dispositif principal et le dispositif spécifique. Le troisième, dédié aux très petites, petites et moyennes entreprises (TPME), est en cours de déploiement et devrait entrer en vigueur dès la rentrée.

Ce volet de la Charte de l’investissement est particulièrement attendu, compte tenu de la proportion importante d’entreprises concernées. Le quatrième dispositif, relatif au développement à l’international des entreprises marocaines, reste à activer.

La réussite de la Charte de l’investissement ne se mesurera pas uniquement en volumes engagés, mais dans sa capacité à irriguer durablement le tissu productif national, à renforcer les chaînes de valeur locales et à consolider les équilibres territoriaux.

Si les indicateurs financiers traduisent une dynamique encourageante, ils ne sauraient occulter les fragilités persistantes en matière d’inclusion, de formation et de gouvernance. C’est là que se jouera, en définitive, la crédibilité du dispositif : dans sa faculté à transformer l’investissement en levier de cohésion économique et sociale, et non en simple agrégat comptable.

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