Loyers élevés, cités saturées: les étudiants à la merci de la crise du logement

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Les étudiants marocains font face à une crise aiguë du logement universitaire, aggravée par une flambée inédite des loyers et une gestion défaillante des cités universitaires, dont la capacité d’accueil est largement saturée. Cette situation pèse lourdement sur les familles issues de régions éloignées du Royaume et disposant de revenus limités.

Khadija Arouhal, députée du Parti du progrès et du socialisme (PPS), a adressé une question écrite au ministre de l’Enseignement supérieur, l’appelant à intervenir de toute urgence afin d’éviter que des étudiants ne soient contraints soit d’interrompre leur parcours universitaire, soit de se loger dans la rue. Elle a souligné que ce problème touche particulièrement les étudiants issus de foyers modestes ou de la classe moyenne, qui se heurtent au déficit structurel des cités universitaires.

La parlementaire cite l’exemple de la ville d’Agadir qui accueille un grand nombre d’étudiants venus de différentes régions. Or, la majorité d’entre eux est privée de bourses en raison de critères jugés peu objectifs, ce qui accentue encore leur précarité. «Cette situation contribue à une hausse inquiétante du taux d’abandon universitaire, d’autant plus que nombre de familles ont plusieurs enfants à charge et subissent déjà la flambée du coût de la vie», alerte la députée.

Lire aussi: Après Agadir, Casablanca: la crise des hôpitaux gagne du terrain

La crise du logement universitaire a pris une telle ampleur que des publications récentes sur les réseaux sociaux montrent des groupes d’étudiants contraints de passer la nuit sous des tentes, sur la plage ou dans les parcs publics d’Agadir, faute de logement universitaire.

Selon de nombreux témoignages d’internautes, les loyers privés ont atteint des niveaux inabordables: plus de 2.500 dirhams par mois pour une simple chambre à Casablanca, Agadir ou Rabat, et pas moins de 1.500 dirhams dans les quartiers populaires. À cela s’ajoutent les frais de transport quotidiens.

Cette situation ne concerne pas uniquement Agadir, mais touche l’ensemble des villes universitaires du Royaume, à savoir Oujda, Marrakech, Rabat, Casablanca, Tanger, Settat… autant de villes où la flambée des loyers atteint des niveaux jugés «irréalistes». Une mère rapporte ainsi avoir dû louer une chambre en colocation pour sa fille à 1.800 dirhams dans la ville d’Oujda.

Face à cette crise, Khadija Arouhal appelle à la mise en place de solutions urgentes et durables, afin de garantir aux étudiants des conditions de vie dignes et favorables à la réussite académique. Elle appelle également à la réforme du système des bourses pour garantir la justice sociale et réduire l’abandon universitaire au cours de l’année universitaire 2025-2026.

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