Latifa Raâfat a affirmé ce jeudi n’avoir jamais fui la justice, demandant une confrontation avec…
Procès Escobar du Sahara: bras de fer judiciaire autour d’un témoin accusé de parjure
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Nouveau rebondissement dans le procès retentissant de l’Escobar du Sahara: la défense de Saïd Naciri, poursuivi dans ce dossier tentaculaire, a réclamé ce jeudi l’ouverture d’une enquête pour faux témoignage à l’encontre de Toufik Zentar, ancien directeur exécutif du principal accusé Haj Ahmed Benbrahim.
Selon les avocats de Naciri, Zentar aurait reconnu devant la cour avoir fait de fausses déclarations durant les phases de l’enquête préliminaire et de l’instruction. La défense soutient que le témoin aurait fabriqué de toutes pièces certains éléments liés au volet des camions, point névralgique du dossier.
Un flou persistant autour des véhicules importés
Concernant l’affaire de l’importation présumée de 61 véhicules, la défense souligne que les déclarations du témoin ont été incohérentes, avançant devant le tribunal un chiffre supérieur à 70 voitures. Les avocats ont ainsi demandé à la cour de consigner officiellement ces contradictions, en application de l’article 340 du Code de procédure pénale, dans un procès-verbal distinct.
Ils ont également sollicité la mise en garde à vue de Toufik Zentar, estimant que la gravité de ces «manœuvres frauduleuses et de falsifications délibérées devant la justice» justifie une mesure coercitive immédiate.
Le parquet reste prudent
De son côté, le représentant du ministère public a qualifié la requête de la défense de «singulière et juridiquement non fondée». Il a rappelé que la mise en cause d’un témoin pour faux témoignage est strictement encadrée par la loi et nécessite des conditions précises.
Le parquet a fait valoir que les déclarations de Zentar ne révèlent aucun mensonge intentionnel susceptible de conduire à la condamnation injuste ou à l’innocence indue d’un accusé, condition essentielle à la qualification pénale du faux témoignage.
Quelle lecture juridique du «faux témoignage» ?
S’appuyant sur l’article 425 du Code pénal, le parquet a rappelé que la cour dispose d’un pouvoir d’appréciation souverain pour décider de l’opportunité d’engager des poursuites contre un témoin.
Le représentant du ministère public a également précisé que le changement de version entre les déclarations faites devant la police judiciaire et celles exprimées au tribunal ne suffit pas, en soi, à constituer le délit de faux témoignage, sauf s’il s’accompagne d’une altération manifeste de la vérité portant atteinte à une partie.
Ainsi, aucune divergence majeure ou falsification essentielle n’a été constatée dans le témoignage de Zentar, a-t-il pursuivi, excluant de facto toute base légale à l’ouverture d’une information judiciaire à son encontre.
