Soutien aux TPME: les craintes de la Confédération des petites entreprises

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Abdellah El Fergui, président de la Confédération marocaine des TPE et PME? longtemps opposé à la CGEM espère une rupture. DR

La Confédération marocaine des TPE-PME exprime de vives inquiétudes concernant le décret relatif au soutien aux TPME, craignant que l’enveloppe de 12 milliards de dirhams allouée ne bénéficie principalement au patronat. L’organisation appelle à une révision des critères d’éligibilité et à une gouvernance transparente afin de garantir une réelle inclusion des Très Petites, Petites et Moyennes Entreprises.

Le décret n° 2.35.342 relatif au soutien des Très Petites, Petites et Moyennes Entreprises (TPME), approuvé par le Conseil de gouvernement hier, n’a pas tardé à faire réagir les acteurs de l’écosystème. Le premier à donner de la voix est Abdellah El Fergui, dont la Confédération a publié un communiqué un peu tard dans la soirée.

Selon les termes employés, la Confédération Marocaine des TPME (CM TPE-PME) exprime «une profonde inquiétude» quant à l’emploi de l’enveloppe des 12 milliards de dirhams inscrits dans la loi de finances 2025, dans le cadre de la nouvelle charte d’investissement. Une inquiétude quant au risque que ce financement échoue à son but premier : constituer une véritable opportunité pour soutenir le dynamisme des TPE et PME, considérées comme « la colonne vertébrale de l’économie nationale ».

La Confédération Marocaine des TPE-PME met en garde contre un mécanisme qui, à son sens, sera en l’état «largement favorable au patronat et aux grandes entreprises, au détriment des TPE».

Des critères qui excluent les TPE

Au cœur des tensions : des critères d’éligibilité jugés trop contraignants. Les entreprises éligibles aux mécanismes de ce dispositif, tel qu’envisagé, doivent afficher un chiffre d’affaires compris entre 1 et 200 millions de dirhams, ce qui marginalise les TPE, pourtant en première ligne des difficultés économiques. Ces dernières, déjà fragilisées par la pandémie de 2020, l’inflation et sept années consécutives de sécheresse, voient leur situation s’aggraver.

Lire aussi : Feuille de route de l’emploi, les réserves de la Confédération marocaine des TPME

La Confédération fustige, dans la foulée, l’absence de mise en œuvre du quota de 20 % des commandes publiques destiné aux TPE-PME. Une mesure restée lettre morte faute de décrets d’application depuis 2023. «Les TPE continuent d’être les grandes oubliées des programmes de soutien, malgré leur rôle crucial dans la création d’emplois», déplore la Confédération, qui réclame une révision immédiate des critères de distribution.

Un risque de détournement

La Confédération établit un parallèle avec d’autres cas récents où l’usage des fonds publics a été détourné de leur objectif initial. Parmi les exemples cités : les 13 milliards de dirhams alloués à l’importation de bétail, ou encore les 340 milliards de dirhams destinés aux investissements publics, largement accaparés par les grands groupes affiliés au patronat.

«Ce même scénario semble se reproduire avec les 12 milliards de dirhams destinés aux TPE-PME», alerte-t-elle. Pour éviter que ce soutien ne soit vidé de sa substance, l’organisation plaide pour des mécanismes de contrôle transparents et efficaces, ainsi qu’une intégration active des TPE dans les comités régionaux d’investissement. Elle insiste également sur la nécessité d’un débat national pour redéfinir les mécanismes de soutien, dans un esprit de transparence et d’équité.

Eviter les erreurs du passé

À travers ce plaidoyer, la Confédération réaffirme l’urgence d’instaurer une gouvernance plus inclusive, garantissant que les TPE reçoivent les ressources dont elles ont besoin pour contribuer pleinement à l’économie nationale. «Les erreurs du passé, qui ont conduit à la monopolisation des aides par certaines parties, ne doivent pas se répéter», martèle-t-elle.

Alors que les TPE constituent le socle de l’économie marocaine et un vivier d’emplois pour les jeunes, ce soutien représente une opportunité cruciale pour dynamiser ce tissu entrepreneurial. Encore faut-il que les décisions politiques traduisent cette ambition en actions concrètes et équitables.

En clair, Abdellah El Fergui et la Confédération Marocaine des TPE-PME dénoncent un mécanisme qu’ils jugent inéquitable et appellent à une révision urgente des critères d’éligibilité, afin de garantir que les TPE, véritable colonne vertébrale de l’économie nationale, bénéficient pleinement de ce soutien essentiel.

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